Entre Démons et Anges
Prologue
Comme souvent c'était le calme plat. Le hall était grand, décoré avec sobriété et goût. Des plantes, certaines factices d'autres bien réelle ajoutais une touche de couleur à l'endroit aux murs d'un blanc délavées. Assise derrière un comptoir en forme d'arc de cercle, une jeune femme aux courts cheveux châtains poussais un nouveau soupir d'ennui, relevant parfois la tête quand des talons claquaient contre le parquet du hall, des femmes à l'allure stricte passant et repassant devant elle sans jamais lui jeter de regard. Elle avait décrochée ce boulot de réceptionniste il y a deux ans après avoir finalement laissé tomber ses études et depuis deux ans elle faisait partie du décor.
Calypso tourna la page du journal people datée de la semaine dernière qu'elle avait trouvée sur la table basse en allant se prendre un jus de pomme. Elle avait finis de le lire il y a vingts minutes et depuis elle tentais de faire passer l'ennui en regardant les photos d'un œil peut intéressé.
Le téléphone sonna et elle se redressa légèrement pour décrocher quand elle compris que ce n'étais pas le sien mais celui du bureau de la salle de droite. Après un nouveau soupir elle posa son coude sur la table et laissa sa joue s'écraser dessus. Ses yeux firent le tour du hall vide avant de s'arrêter sur la porte vitrée en face d'elle ou une pluie se fracassait contre les vitres depuis une heure dans un : toc toc toc, rapide et irritant.
Des petits pas se firent entendre derrière, à sa gauche et elle se retourna légèrement pour voir sa supérieure avancer vers elle, les lèvres pincées en une moue désapprobatrice.
« Mademoiselle Calypso ! » Dit-elle d'une voix fluette en s'arrêtant devant la réceptionniste. « On ne vous paie pas pour bailler aux corneilles ! Et redressez-vous on est pas dans un café ici mais dans une mairie ! » La réprimanda la vielle femme à l'allure frêle mais stricte.
Elle était coiffée d'un chignon serré et habillé d'un tailleur gris. Il ne lui manquait plus que des lunettes à monture noire et épaisse pour parfaire le tableau. Pensa Calypso en s'installant correctement sur sa chaise, affichant un sourire crispée à sa supérieur.
Madame Auvent hocha la tête satisfaite et se retourna pour continuer son chemin quand le bruit caractéristique de l'ascenseur se fit entendre et que le maire accompagné de quelques uns de ses conseillers en sortirent.
Le maire qu'elle connaissait bien puisqu'il était un ami de longue date de son père lui lança un regard étonné et s'approcha légèrement un sourire simple aux lèvres.
« Calypso ! Qu'est-ce que tu fais encore là ? » Demanda-t-il apparemment surpris.
« Euh...eh bien je travaille ? »
Le maire fronça les sourcils.
« Si je me rappelle bien, c'est ton anniversaire aujourd'hui non ? »
« Euh oui c'est exact » Murmura Calypso en rougissant légèrement de gène.
« Je pensais t'avoir dit que tu pouvais partir plutôt. »Marmonna-t-il dans sa barbe rousse. Il fronça les sourcils puis haussa les épaules et avec un sourire reprit. « Enfin, ce n'est pas grave tu peut rentrer chez toi. Bon anniversaire et à Lundi. »
Un sourire prit place sur tout son visage et elle se leva se dirigeant promptement vers les vestiaires tandis que les yeux écarquillés et dans un cri d'indignation madame Auvent protestait.
« Mais enfin monsieur le maire c'est impensable ! Qui va accueillir les visiteurs ? »
« Allons, allons Ginette vous savez aussi bien que moi qu'avec une pluie pareille, il ne risque pas d'y avoir foule ! Et puis une heure de plus ou de moins ! » Tempéra le maire.
Calypso, sifflotant presque d'avoir pu écourter l'ennuie mortel du hall enfila rapidement son long et chaud manteau rouge, ses gants de laine et son écharpe blanche, prit son sac et mit sa capuche.
Enfin prête a affronter la pluie et le vent, elle sortit de la mairie, regrettant de ne pas avoir pris son parapluie. Quelques minutes plus tard coincée dans la rame du métro entre un chauve transpirant a grosses gouttes et une femme qui semblait s'être baignée dans son parfum, c'est le fait de ne pas avoir son permis de conduire qu'elle regrettais.
Cinq arrêts plus tard, alors qu'elle devait maintenant subir les pleurs d'un mioche qui faisait un caprice, elle se fraya tant bien que mal un chemin vers la sortie respirant l'air « pur »...et mouillé de la ville.
C'est en courant qu'elle se dirigea vers son appartement, s'arrêtant brièvement dans un supermarché pour acheter des pâtes et de la sauce bolognaise. Son repas de ce soir.
L'immeuble dans lequel elle vivait depuis ses dix-neuf ans était étonnamment en bon état comparé aux immeubles le jouxtant et même si les murs étaient tagués et les vitres de la porte légèrement rayés, l'endroit était propre et bien entretenu par leur concierge, un homme d'une cinquantaine d'années au physique assez impressionnant.
Négligeant le courrier, ses clés étaient au fond de son sac et elle ne se sentait pas le courage de chercher même si...eh bien elle finirait par le faire quand même une fois devant sa porte d'entrée, elle prit l'ascenseur et appuya sur le numéro cinq regardant avec une étrange fascination l'horrible peinture orange craquelé de la cabine. Celui-ci s'ouvrit quelques secondes plus tard et la jeune femme traversa le couloir jusqu'à la porte du fond ou un paillasson de couleur noir affichait dignement : AIE ! Tu m'écrase !
Un cadeau datant de son dernier anniversaire de la part de Chrystie sa meilleure amie déjantée.
Après une lutte acharnée entre son sac, son équilibre précaire et son sac de course qui lui lacérait les mains, elle trouva enfin la clé et entra dans son appartement. Une fois la porte refermée et les clés accroché derrière la porte, elle laissa tomber son sac, enleva son manteau remplit d'eau qui échoua lamentablement sur le sol dans un bruit mouillé et se précipita vers son salon juste a sa gauche, dans un plongé parfaitement maitrisé sur le canapé.
Elle attrapa la télécommande et appuya sur le bouton rouge, une chaine de musique connue apparaissant sur la modeste télé. Avec une autre télécommande, elle alluma l'home-cinema et une chanson à la mode remplaça le silence. Avec un sourire satisfait Calypso retourna dans l'entrée et rangea ses affaires se dandinant sans honte sur cette chanson qu'elle affirmait pourtant devant les autres ne pas aimer. C'est que ça ne collait pas a son image de femme cool de dire qu'elle aimait les chansons naïves d'une jeune fille d'à peine quinze ans.
La soirée était bien avancé maintenant, habillé d'un pyjama difforme, Calypso savourais ses pattes bolognaise devant une émission télé-réalité débile.
Pour certains, cela pouvait peut-être paraitre triste de fêter ses vingt-cinq de cette façon. Mais la jeune-femme aux cheveux châtains avait l'habitude depuis qu'elle habitait seule. Et puis les rares amis qu'elle avait lui avait tous souhaités son anniversaire par SMS ou internet et c'était amplement suffisant.
Quant a sa famille...Son père le lui souhaiterait surement la prochaine fois qu'elle passerais à la maison familiale avec un sourire contrit, sa belle-mère ne se souviendrait surement pas d'un détail aussi insignifiant et sa petite demi-sœur était en pleine crise rebelle du haut de ses dix-sept ans.
L'émission terminé, Calypso déposa son assiette dans l'évier, dans la cuisine à la droite de la porte d'entrée et s'étira se dirigeant ensuite vers sa chambre, celle-ci se trouvant derrière sur le mur du fond de son salon. Allumant la lumière elle soupira de bien-être devant le moelleux de sa moquette verte et pris le cadeau posé sur le bureau qu'elle s'était acheté elle-même il y a deux jours.
S'étalant sur son lit aux draps de soie noire, petite folie datant d'il y a quatre ans. Elle déchira précautionneusement le paquet pour y découvrir le dernier best-seller de son auteur préféré. Avec un gloussement elle le serra contre son cœur et s'installa confortablement contre le dossier du lit. Ainsi installée elle ouvrit la première page quand on sonna a sa porte.
Avec un grognement elle tenta de faire comme si elle n'avait pas entendu mais la personne insistait et elle finit par se lever a contrecœur. Enfilant une robe de chambre de couleur noire elle ouvrit la porte avec une grimace face au son strident de sa sonnette.
« Joyeux anniversaire ma Cissy ! » S'écria une voie aigüe, deux bras l'entourant brusquement, les faisant tout deux tombés par terre.
« Ouch » Murmura Calypso en atterrissant sur les fesses.
« Chrystie sa va pas de sauter sur Caly comme ça ! » Gronda une deuxième voix en relevant sèchement la dite Chrystie.
Calypso se releva aussi se frottant doucement les fesses en reportant son regards sur ses deux amis :
Chrystie, une jeune femme habillé de ce que l'on pourrait qualifier un style gothique, de long cheveux mauve attaché en une queue de cheval lâche et des piercings au visage ainsi que des oreilles de chat et une queue d'une fourrure noire et douce au touchés et Eric un jeune homme blond habillé simplement de blanc et au visage parsemés de tâches de rousseur.
« Qu'est-ce que vous faites ici ? » Demanda la jeune-femme en les laissant entrer.
« Joyeux anniversaire Caly » Dit Eric en lui tendant un petit paquet.
« C'est un cadeau de nous deux » Précisa Chrystie en s'installant sur le canapé.
« Merci » Sourit Calypso, un peu émue en découvrant un collier en or représentant deux ailes d'ange.
Eric lui sourit rassuré que ça lui plaise et Calypso l'embrassa sur la joue s'amusant de ses soudaines rougeurs.
« Bon, maintenant que tu as eu ton cadeau, on va fêter ça correctement ! » Sans un mot de plus, Chrystie entoura le bras de sa meilleure amie avec sa fine queue noire et la tira vers sa chambre.
« Bouge pas du salon Eric ! Je vais l'habiller décemment ! » Dit Chrystie avec un sourire carnassier, révélant de tout petits crocs blancs.
« Quoi ? » S'exclama la jeune femme.
« On va en boite ma chérie ! Et je t'assure que tu pourras pas entrer avec ce truc immonde que t'as sur le dos ! » Expliqua la gothique.
« Eh » Se vexa Calypso. « C'est mon pyjama préféré ! »
Deux heures plus tard, ils étaient installés à une table sirotant de l'alcool pour Chrystie, un cocktail pour Calypso et un jus de fruit pour Eric, celui qui conduisait et qui de toute façon ne buvait jamais d'alcool.
Calypso avait été habillé par sa meilleure amie d'une robe pourpre échancré au niveau des seins retenue par de fines bretelles et tombant jusque sur ses mollets. Elle avait de petites chaussures a talons et un léger gilet noir pailleté sur les épaules. Ses cheveux trop courts pour être coiffés autrement qu'à l'habitude, c'est à dire dans une pagaille stylisé avaient été laissés tel quel, elle était maquillée légèrement, son gloss ayant complètement disparu a force de passer sa langue dessus.
La musique était bonne et elle devait avouer qu'elle s'amusait bien, riant des piques que se lançaient ses deux amis à tout bout de champs. Pour un vendredi, c'était bien remplit mais pas étouffant et oppressant et elle passais un agréable moment.
Elle finissait son deuxième cocktail quand Chrystie un peu joyeuse l'emmena se déchainer sur la piste. Un peu raide au début elle se détendit bien vite face à la boule d'énergie qu'était sa meilleure amie et se joignit dans ses délirant pas de danse.
Finalement la musique changea pour quelque chose de plus doux et un peu essoufflé Calypso se recula pour rejoindre Eric qui discutait avec une serveuse. En se retournant elle percuta quelqu'un et perdit l'équilibre rattrapée par une main puissante qui l'attira contre un torse dur.
Elle releva la tête pour s'excuser et oublia sa phrase quand ses yeux bleus se plongèrent dans des yeux d'un vert profond. Une main se posa sur son bras et elle sentit un étrange courant chaud la traversée avant de rougir et de reprendre conscience du monde environnant.
L'homme en face d'elle était vraiment beau et grand. D'un bon mètre quatre-vingt face a son pitoyable mètre soixante, son teint était halé et son visage pouvait aisément être qualifié de parfait bien qu'il possédait une barbe naissante. Habillé tout de noir il était simplement sexy a souhait et elle se recula un peu impressionnée.
« Ça va ? » Demanda-t-il d'une voix grave, trainante et un peu cassé.
« Euh...oui...désolé, a plus » Marmonna-t-elle en passant près de lui, les joues étrangement rouge.
Une main chaude l'arrêta et elle frissonna malgré-elle.
« Vous m'accordez cette danse ? »
Un slow venait de débuter. Sans qu'elle est le temps de digérer l'information, sa tête avait acquiesçée toute seule et il l'a ramena contre lui, un sourire craquant aux lèvres.
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